Si vous mettez 100 fourmis rouges et 100 fourmis noires ensemble dans un bocal, rien ne se passera.
Mais si vous secouez le bocal, les fourmis vont commencer à s’entretuer.
Les rouges croiront que les noires sont leurs ennemies et les noires croiront que les rouges sont leurs ennemies, alors que le véritable ennemi est la personne qui a secoué le bocal.
À chaque événement, surtout par ces temps de tromperies, mensonges et manipulations, il est primordial de mettre en place des automatismes.
Se poser les bonnes questions : qui tire les ficelles ? À qui est-ce que ça profite ?
Pendant que le peuple se divise et se tire dans les pattes pour quelques miettes les marionnettistes rigolent.
Nous vivons dans des systèmes sociétaux qui sont conçus non pas pour le bien-être des humains qui vivent dedans, non pas pour leur évolution ou leur bonheur, encore moins pour leur développement psychique et spirituel, mais pour que le système lui-même ne s’effondre pas, ils sont conçus pour le profit, leur propre profit. Dans ces systèmes, nous sommes pris en otage depuis notre arrivée sur cette terre. Cette prise d’otages est une des plus violentes qu’il soit, car elle empêche dès le départ toute tentative de fuite.
Choisir pour soi la voie de la liberté de vie et de mort sur sa propre personne où la peur et aucun dirigeant du monde n’aura d’emprise sur mon esprit et mes choix de vie. Une interpellation décisive.
Cette vidéo peut changer votre vie. Le contenu de ce podcast de Frédéric Burri, réalisé à partir du texte diffusé le 29 novembre sur son site web, a pour but de démontrer en quoi le stratagème élaboré par les « marionnettistes » va beaucoup plus loin qu’une épidémie destinée à faire passer un vaccin. Il s’agit d’un HOLD-UP DE LA CONSCIENCE, et grâce aux explications vous comprendrez que l’expression est tout à fait appropriée puisqu’il s’agit de « BRAQUER » l’attention de la conscience de l’être humain hors de tout ce qui participerait véritablement à son Éveil spirituel et à l’harmonisation du Vivant.
A partager largement.
En complément dans le même esprit, une vidéo de David Icke, sur Odysee, à visionner jusqu’au bout:
Fichage de vos convictions, de vos activités sur internet, de vos déplacements, de votre état de santé… On voit mal sur quoi, depuis les décrets du 4 décembre, l’Etat français n’aurait pas le droit de collecter les données. Mais le modèle de société qui s’est instauré en Occident pourrait-il même fonctionner sans un contrôle social sévère?La pandémie occupe aujourd’hui le devant de la scène, et donc, plus ou moins, tout le reste passe à l’arrière-plan. Plus ou moins. Car, en même temps, la vie continue. Témoin, en France, ces trois décrets du 4 décembre dernier, élargissant les possibilités légales de fichage des personnes «présentant un danger pour la sûreté de l’État», ou encore pour les «intérêts fondamentaux de la Nation».
Par ces textes, l’État se donne à lui-même le droit de collecter des données sur les opinions politiques des personnes ici visées, sur leurs convictions philosophiques et religieuses, leurs activités sur Internet, leurs déplacements géographiques, leur état de santé, etc. Sur tout, en fait. On voit mal en effet sur quoi, désormais, l’État français n’aurait pas le droit de collecter de données.
On dit il est vrai que cela ne concerne que les personnes «présentant un danger pour la sûreté de l’État», respectivement «pour les intérêts fondamentaux de la Nation». Mais de telles expressions sont très élastiques. L’affaire de Tarnac il y a une dizaine d’années et plus récemment l’épisode des Gilets jaunes nous ont appris qu’il n’en faut pas beaucoup aujourd’hui en France pour se voir traité de «terroriste». Nous n’allons pas ici pas ici perdre notre temps à pleurer sur nos libertés perdues ou d’autres choses de ce genre. Essayons plutôt de comprendre ce qui se passe (1). Adapter la loi à la pratique. L’État français n’a évidemment pas attendu le 4 décembre 2020 pour ficher ses propres citoyens, qu’ils présentent ou non un danger pour la «sûreté de l’État» ou pour les «intérêts supérieurs de la Nation». Il le fait depuis longtemps. Tous les États en réalité le font, l’État français comme les autres. Croit-on peut-être que l’État, disons suisse, ne collecte pas de données sur les opinions politiques et religieuses de ses propres citoyens, sur leurs déplacements géographiques, leur état de santé, et cætera? Évidemment qu’il le fait (même s’il prétend le contraire et prend des airs de vierge effarouchée chaque fois qu’on aborde le sujet). Comme aussi l’État allemand, italien, autrichien, etc. C’est évidemment contraire à la démocratie, mais s’il fallait dresser une liste de toutes les atteintes actuelles à la démocratie dans les pays qu’on vient de citer, on y passerait de longues heures. Ce n’en est qu’une parmi d’autres, non la pire, d’ailleurs.
Qu’y a-t-il dès lors de nouveau dans ces décrets? Deux choses.
La première est qu’ils légalisent ce qui jusque-là était interdit et ne se faisait dès lors qu’en cachette. L’État n’a plus besoin désormais de se cacher pour le faire, il peut le faire ouvertement. Il y gagne ainsi en confort. On retrouve ici une tendance assez générale à notre époque, celle de se moquer des formes et des convenances, pour jouer désormais cartes sur table. Ici aussi on joue cartes sur table, et pensez de moi ce que vous voudrez: l’État c’est moi. Sauf que, dans le cas présent, on ne se limite pas à supprimer tous les masques, tous les déguisements, on adapte la loi à la pratique. La loi est ici très claire: l’État a tout à fait le droit d’espionner ses propres citoyens et de les ficher. On serait en tout cas très mal venu de lui en faire le reproche. On reste ainsi dans le cadre de l’État de droit. Les dictatures se montrent toujours très respectueuses de l’État de droit. On change la loi s’il le faut, mais on la respecte toujours.C’est la première nouveauté.
La seconde s’inscrit dans le prolongement de la première, en ce sens que lorsqu’on dit que l’État peut faire un certain nombre de choses, on sous-entend bien évidemment qu’il doit les faire. Ce n’est pas seulement une possibilité offerte, mais une obligation. L’État se doit de collecter des données sur les personnes présentant un danger pour la «sûreté de l’État» ou pour les «intérêts supérieurs de la Nation», autrement il faillirait à sa tâche. C’est ce que dit en fait le texte. Or, encore une fois, de telles incriminations sont très floues. Plus fondamentalement encore, il est très difficile de définir objectivement qui au juste présente ou non un «danger» pour la «sûreté de l’État», ou pour les «intérêts supérieurs de la Nation». Le texte se garde bien d’ailleurs de le faire. On peut donc en inférer que nous avons tous aujourd’hui vocation à être fichés: tous et sans exception. C’est ce que dit aussi le texte. Mais évidemment sans le dire tout en le disant.
De tels textes ne changent donc rien à l’état de choses actuel (le fichage généralisé et à large échelle), mais d’une part ils le clarifient, transforment le fait en droit, et d’autre part opèrent un passage à la limite. Le changement est ici surtout mental. Il faut aujourd’hui se pénétrer de l’idée qu’il est tout à fait normal et même banal d’être fiché, et que c’est plutôt le contraire qui est anormal: ne pas être fiché. L’État a le droit de tout savoir sur tout le monde, et il est dès lors légitimé à nous ficher, de même qu’il l’est à recueillir notre ADN ou nos caractéristiques biométriques. On rappellera ici au passage qu’on n’a pas le droit aujourd’hui en France de s’opposer à un prélèvement d’ADN et qu’un tel refus peut entraîner une condamnation à un an de prison et 15’000 euros d’amende. Là encore c’est la loi qui le dit, et donc on ne saurait sérieusement prétendre que la France n’est pas un État de droit. Dans cette approche, quelle serait, objectivement parlant (car, là, on échappe à toute subjectivité), la personne la plus dangereuse pour la «sûreté de l’État», les «intérêts supérieurs de la Nation», etc.? Assurément celle qui essayerait d’échapper au fichage généralisé et mieux encore y parviendrait: là, incontestablement, l’État se devrait d’intervenir. À ce titre, les premières personnes à ficher sont bien évidemment celles ne voulant pas se laisser ficher.
Multiculturalisme: pas sans flicage. Au-delà, il importe de resituer ces décrets dans leur contexte, à savoir le devenir d’ensemble du régime occidental, en même temps que la logique qui le sous-tend et probablement aussi l’explique. Il ne faut pas abuser de l’explication fonctionnelle, mais en l’espèce elle se propose assez naturellement. Les dirigeants actuels, on le sait, font reposer leur pouvoir sur l’ouverture des frontières et le brassage concomitant des populations, deux phénomènes ayant pour effet de pulvériser l’espace social, littéralement de le transformer en poussière, on pourrait aussi dire de le liquéfier. Les anciens États-Nations européens ont aujourd’hui disparu, ou n’ont plus d’autre existence que décorative. En lieu et place se sont implantés des systèmes dits multiculturels, en réalité multiraciaux, systèmes par principe instables et traversés de tensions multiples et variées. Ces tensions sont en partie voulues et instrumentées, mais les dirigeants veillent en même temps à ce qu’elles se maintiennent en certaines limites, celles au-delà desquelles les désordres existants, au lieu de leur profiter comme on le voit aujourd’hui, pourraient le cas échéant se retourner contre eux, ce qu’ils préféreraient évidemment éviter. De tels désordres oui, pourquoi pas, une guerre civile en revanche non, c’est trop risqué. C’est pourquoi, en même temps qu’ils achèvent de démanteler les frontières et d’éradiquer ce qui subsiste encore de l’ancien monde, ils s’emploient à donner toujours plus de pouvoirs à la police, dans l’espoir de garder ainsi le contrôle de la situation. On considère en effet (non sans raison) que c’est le seul moyen. C’est évidemment un jeu dangereux, car si puissante que soit la police, elle ne peut pas faire de miracles. Elle peut retarder certaines échéances, non indéfiniment les différer. Mais c’est toujours ça. On pourrait énoncer comme principe que plus une société est divisée intérieurement, plus elle a besoin d’une police forte si elle entend se maintenir en tant qu’entité sociale, et ainsi échapper au chaos, à la guerre de tous contre tous. D’une police forte et bien sûr aussi de tout ce qui va avec: lois de plus en plus répressives et/ou intrusives, censure, violences judiciaires, etc. En ce sens, l’État policier est l’adjuvant nécessaire et obligatoire du multiculturalisme, presque son corrélat. Il en conditionne la possibilité. On s’interroge parfois sur la viabilité du modèle multiculturel. Chacun a en tête certaines pages de Tocqueville sur le sujet. Le multiculturalisme livré à lui-même n’est pas en effet une formule très viable. Certains parlent même d’échec programmé. Il en va différemment lorsqu’il entre en symbiose avec l’État policier. Là il peut se révéler plus résistant.
Note: Conformément au conseil de Spinoza: «J’ai pris grand soin de ne pas tourner en dérision les actions humaines, de ne pas les déplorer ni les maudire, mais de les comprendre (Non ridere, non lugere, neque detestari, sed intelligere)» (Œuvres complètes, Pléiade, 1967, p. 920).
Dans l’œuvre de 1984 de George Orwell l’auteur a développé le concept de Novlang, c’est à dire une anti-langue. Epurée et surtout exempte de termes propres à la pensée contestataire. Dans cette crise multiple traversée depuis un an, de nouveaux mots et de nouveaux termes sont apparus. Des néologisme aux terminologies opaques. Les politiques, médecins et médias les utilisent et nous devons nous les approprier pour communiquer dans ce chaos. On réfléchit avec les mots et non l’inverse, donc si on modifie les modifie on modifie la possibilité de penser, de réfléchir et de concevoir et interagir avec le réel. Beaucoup des philosophes, psychologues et linguistes partagent cette idée: le langage étant le propre de l’homme, c’est lui qui donne accès à la pensée. Sans langage, il n’y aurait pas de pensée construite: nous vivrions dans un univers fait d’impressions, de subjectivités, de sensations, d’images. Des dizaines de mots, associations de mots ont fleuris pour nous aider ou forcer à comprendre ce qui se passe. Jusqu’à quel point et jusqu’à quand?
Michel Weber, vient d’écrire le livre: Covid-19(84) ou La vérité (politique) du mensonge sanitaire
L’événement Covid-19 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Tout et son contraire ont été affirmé, parfois par les mêmes personnes, et au même moment. Démêler l’écheveau nécessite donc de simplifier le récit. Il y a bien sûr un prix à payer pour ce faire ; il est double. D’une part, il faut ignorer ce qui semble accessoire ; d’autre part, il importe de remettre l’événement dans son contexte historique, à la fois au sens perspectif (la crise culturelle qui remonte à 1968) et projectif (les conséquences politiques immédiates).
Pour l’essentiel, on trouvera ici une thèse — la crise de la Covid-19 n’est pas sanitaire mais politique, et aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement — soutenue par trois arguments :
La Covid-19 rend évidente la corruption complète du corps politique et de ses appendices médiatiques et scientifiques. Ils ont définitivement perdu toute légitimité et toute autorité.
Cette corruption reflète la crise du capitalisme financier, et la volonté des oligarques de détruire la démocratie représentative.
Le système politique qui se met en place est totalitaire, c’est-à-dire que toutes les facettes de la vie des citoyens seront pilotées par une structure idéologique mortifère ne différenciant plus les sphères privées et publiques. Ce totalitarisme sera fasciste et numérique.
Voici sa très intéressante interview par le journal anti-productiviste belge KAIROS
Je vous transmets encore ici un article de l’Antipresse de ce 27 décembre, écrit par Slobodan Despot parce que je considère que c’est très bien écrit et que cela donne le recul nécessaire à de vraies analyses et réflexions.
PAVILLON 2020 OU L’HOSPICE DU DOCTEUR KNOCKENSTEIN
Le Dr Frankenstein avait créé l’humain de synthèse à partir de chairs mortes. Le Dr Knock persuadait ses patients qu’ils n’étaient que chairs mortes en sursis. Les deux se sont alliés en 2020 pour transformer le monde en hôpital cyberpsychiatrique.
«L’homme moderne ne se considère pas comme faisant partie de la nature mais comme une force extérieure destinée à la dominer et à la conquérir. Il parle même de lutte contre la nature, oubliant que s’il gagnait la bataille, il se retrouverait du côté perdant.» (E. F. Schumacher)
Nous vivrons en 2021, j’en suis convaincu, la dernière bataille de l’humanité. Je parle de cette humanité qui peuple nos livres d’histoire, nos fresques, nos albums de famille, nos légions d’honneur et nos prisons. De l’humanité qui s’affronte au goulot de bouteille, qui pratique le délit de fuite, qui planque des résistants à la cave et des comptes en banque aux Bermudes. De l’humanité qui braconne pour braconner et qui jette ses détritus n’importe où. De l’humanité qui grogne, qui conteste, qui fume sans raison, qui triche à l’assurance, qui écrit des chefs-d’œuvre sur des bouts de nappe, qui allaite les enfants de la voisine anémique avant de porter à mémé son bouillon d’onze heures. De l’humanité qui construit le Taj Mahal par chagrin d’amour et des ponts somptueux qui ne mènent nulle part. De l’humanité qui gémit dans les enfers ou qui attend aux portes du paradis.
On pourra toujours, si cette bataille est perdue, appeler ses rescapés «humains» par abus de langage comme on appelle «poisson» les barres Findus. Ce ne sera jamais qu’un coup d’accélérateur dans un processus engagé de longue date. Un raz-de-marée plutôt qu’une infiltration. C’est pourquoi l’an qui vient sera aussi l’heure du grand inventaire, le plus exhaustif depuis que nous avons découvert l’écriture et la religion: que sommes-nous, qui est JE, et y a-t-il une part de mon être que je ne veux céder à aucun prix, pas même celui de la vie?
Des hommes sans goût et sans flair
L’infiltration a déjà accompli l’essentiel du travail. Ne trouvons-nous pas normal que le plus humble avocat vendu dans les supermarchés soit affecté d’un identifiant unique sous forme de code-barres et relié à sa base de données par satellite? Et ne vend-on pas comme «poulets» de pauvres créatures élevées en quelques semaines dans une boîte et qui ne peuvent même pas tenir sur leurs pattes? Et comme «tomates», les poches à eau insipides importées en toute saison de Hollande? Ce sont, reconnaissons-le, des prouesses de la science, mais d’une science du gavage et de l’outrage dont La Grande Bouffe de Marco Ferreri est la grand-messe.
Les Physiocrates du XVIIIe siècle auraient applaudi à tout rompre ces ruptures d’avec le calendrier naturel… jusqu’à ce qu’ils y goûtent. Ou bien, en ancêtres directs de nos transhumanistes, auraient-ils estimé la dénaturation de tout comme un «mal nécessaire» sur le chemin de la parfaite prospérité?
Pourquoi cette dénaturation ne s’étendrait-elle pas aussi à notre espèce? Qu’est-ce qui empêche les propriétaires de l’élevage de proclamer la fusion de notre identité «physique numérique et biologique»?
Ne sentions-nous donc rien venir? Non. Car nous n’avions plus d’antennes pour cela. Il n’y a pas de hasard! L’agueusie (privation de goût) et l’anosmie (privation d’odorat) sont les symptômes caractéristiques du covid. Avec ses sens éteints et sa frousse innée, l’homo supermercator a été tétanisé par la menace immédiate, sans percevoir l’arrière-goût douteux de la médecine qu’on lui opposait. Neuf mois plus tard, il en est arrivé à attendre sans réagir qu’on le pique plus ou moins sous la contrainte avec des sorcelleries(1) bâclées à base d’ailes de chauves-souris (faux) ou de fœtus avortés (vrai) dont nul ne sait rien des bénéfices ni des effets secondaires.
L’année de l’entonnoir
Le bilan de l’année 2020 est vite fait. Même si la bourse a grimpé comme jamais, même si les conflits internationaux se sont envenimés, même si la pression migratoire n’a pas faibli, il n’y a qu’un seul sujet dont tous les paramètres de notre vie et de notre mort découlent désormais: l’état d’urgence sanitaire établi sous le prétexte de combattre le SARS-Cov-2. Le rôle des instances politiques dans nos pays s’est réduit à gérer tant bien que mal les modalités de ce chamboulement sans jamais en questionner les causes.
Le nouveau dieu a donc mis en œuvre son coup de force. Quel dieu? Je le présentais il y a un an exactement, dans mon bilan de 2019:
Au début de mon périple asiatique, marchant sur le Baïkal gelé avec un certain pincement au cœur à l’approche des multitudes connectées de la Chine, j’avais imaginé qu’un nouveau pacte se nouait au-dessus de nos têtes. Le projet de Dieu, le nôtre, l’ancien, avait échoué. L’homme n’était pas à la hauteur. Il menaçait de souiller sa propre niche et d’empoisonner sa gamelle, tel un chien sénile. Il avait trop proliféré pour continuer en tant qu’espèce différenciée, avec son anarchie et ses excentricités. Il consommait trop, ronchonnait trop, ruait trop, coûtait trop.
Devant l’imminence du désastre, un nouveau dieu, plus cynique, venait proposer au vieux de reprendre son affaire pour la relancer sur d’autres rails. En commençant par modifier l’espèce. Notre maquis foutraque serait réduit à un gazon bien lisse, l’homo sapiens arraisonné, taillé, recadré, polarisé comme les molécules d’un aimant. Le noyau d’identité appelé personne passerait de l’individu à la collectivité (la ruche). Dès lors, loger vingt ou cinquante milliards d’unités humanoïdes sur la planète ne poserait plus de problèmes. Et l’on avait, par surcroît, les outils à disposition, entre l’omnisurveillance informatisée, la biotech et la soi-disant «intelligence artificielle», en réalité outil de simplification de l’esprit humain. Le Dieu d’Abraham (mais aussi le Principe du Tao, le Brahman de la Bhagavad-Gita et l’Olympe au grand complet) a-t-il, de guerre lasse, validé le deal, passé la main, accepté la solution managériale à son échec sur Terre? Ou s’est-il rebiffé? (Antipresse 213, 29/12/2019)
Multitudes connectées, modèle chinois, collectivisation, omnisurveillance, biotech, intelligence artificielle, politique remplacée par le management. Le décor y était, ne manquait que la story. Je n’y avais pas pensé, mais un virus est le joueur de flûte idéal pour nous mener à la contention. Seules la police et la médecine, dans l’état de droit d’où nous sommes désormais sortis, avaient sous certaines conditions le droit de contrainte corporelle à l’endroit des citoyens. La dictature policière effraie la masse. La dictature médicale rassure. Le cobaye qui s’ignore de l’expérience de Milgram ne pouvait être persuadé de torturer son prochain à mort que par une blouse blanche, jamais par un flic. Et l’épidémio-logique fait de chacun d’entre nous un tueur potentiel en même temps qu’une victime. La culpabilisation s’ajoute à l’intimidation: si vous dédaignez l’une, vous succomberez à l’autre. Échec et mat.
De l’utilité du scandale
2020 est donc l’année de la bascule, comme sa typographie le décrit. Par deux fois, le deux se résout en zéro, l’opposition des pôles en néant. En neuf mois, le grand hospice occidental, dont les oppositions internes étaient devenues insolubles(2) a basculé dans le néant social, le néant légal, le néant politique et, cerise sur le gâteau, le néant médical. Il a désappris à traiter la grippe et appris à l’aggraver en pneumonie. Il a édicté un contre-serment d’Hippocrate enjoignant le médecin de renvoyer chez lui le malade qui frappe à sa porte. Il envisage des camps d’internement pour apprendre aux infectés la solidarité civique. Ne serait-ce qu’à titre de menace, sous prétexte d’une grosse grippe, c’est totalement renversant: comme traiter les poux à la mitraillette. Orwell n’était pas allé jusque-là, il était somme toute romancier. Or l’avantage de la réalité sur la fiction, comme le disait Mark Twain, c’est que la réalité, elle, n’a pas besoin d’être vraisemblable.
Le scandale est d’ailleurs l’un des outils de commotion de la masse éperdue. On ne peut pas croire que le Pouvoir veuille tirer profit de la situation pour se renforcer et se protéger du peuple par tous les moyens disponibles, comme il l’a toujours fait (parce qu’on a enseigné aux bisounours post-soixante-huitards que le Pouvoir était une relique du passé et qu’il n’y avait que des gentils organisateurs). On ne peut pas croire qu’une industrie notoirement corrompue ait infiltré les institutions, les revues scientifiques et les médias jusqu’à la moelle par la puissance corrosive de son fric. On ne peut pas croire qu’à un confinement inefficace et destructeur en succédera un deuxième, puis un troisième… jusqu’à ce que trois quarts de vos bistrots familiers disparaissent au profit des grandes chaînes comme le WEF de Davos nous l’annonce en toutes lettres(3).
Cela dépasse l’entendement des vierges effarouchées: cela n’existe donc pas. On préfère avaler des fariboles pour petits enfants plutôt que de voir la réalité en face.
Covid-XX
Raison de plus pour la désigner telle qu’elle est: vous êtes largués en rase campagne. Vos élites vous ont lâchés. Vous devez toujours les financer mais elles ne travaillent plus pour vous. Elles ont troué la coque du paquebot et ne songent plus qu’à s’assurer pour elles-mêmes une place dans les chaloupes. Les mesures qu’elles prennent sont plus ineptes les unes que les autres et personne n’est relevé de ses fonctions. Au contraire: les fourriers du désastre publient des livres.
Et il n’y a aucune raison objective que l’hystérie prenne fin. Avec un taux de létalité comme celui du Covid-19, n’importe quelle infection ultérieure fera l’affaire. Toute grippe pourra désormais être baptisée Covid-22 ou Covid-35 et justifier la poursuite du saccage. D’autant que la destruction de l’immunité physique et morale par les mesures antérieures aura rendu la population encore plus vulnérable. C’est un cercle vicieux descendant en entonnoir. Et au bout de l’entonnoir: la piqûre magique. «Aller simple vers la guérison!», comme dit le slogan si scrupuleux des pharmaciens suisses.
En 2021, la planète entière doit devenir un laboratoire d’expérimentation biologique à ciel ouvert. Alors qu’en 2019 encore, un analgésique douteux ou un colorant alimentaire mal documenté suscitaient des interpellations parlementaires et des mouvements de consommateurs. Le corps humain, jusqu’alors, était un sanctuaire protégé par les articles fondamentaux de nos codes de lois. (Rappelons-nous que tout le droit à l’avortement repose sur un dogme absolu de l’individualisme moderne: Moi seule dispose de mon corps et de ce qu’il y a dedans!) Or voici qu’il est devenu aussi accessible que celui des animaux d’élevage. Open bar!
Le vrai mystère
Nos autorités ne peuvent pas être aussi stupides! D’accord, alors quoi?
La question n’est pas de savoir si cette catastrophe a été planifiée, surexploitée ou seulement sousgérée par des sousresponsables sousintelligents. C’est là encore une discussion oiseuse pour les complotistes. Le déroulé des événements était largement prévisible sitôt qu’on s’est rendu compte que le virus ne tenait pas ses promesses de terreur et que le système a mis en branle le train fantôme pour y suppléer en produisant fausse alerte sur fausse alerte, fausse projection sur fausse projection, en désactivant les traitements possibles, en réduisant de manière planifiée les capacités hospitalières et promettant des remèdes sans garantie à des pestes incertaines. Les quatre cent mille morts en France annoncées par l’autocrate aux yeux hallucinés arriveront peut-être, mais le virus n’y sera pour rien.
La question ne porte pas sur l’assaillant, elle porte sur l’assiégé. En l’occurrence, sur le monde où nous avons vécu avant 2020. La question est de comprendre comment tous les piliers de la civilisation «démocratique» ont pu se volatiliser aussi facilement sous les coups de boutoir d’un virus à 0,025 % de mortalité globale(4). Si, en l’an 1453, les Turcs étaient entrés dans Constantinople en poussant la porte du bout de la babouche, qu’est-ce que cela nous aurait appris sur ceux qui défendaient la cité?
Si tout s’est déroulé aussi rondement, c’est bien que, d’une certaine façon, on n’attendait que ça.
Klaus Schwab/Thierry Malleret, COVID-19: The Great Reset, chap. 2.2.1: «En France et au Royaume-Uni, plusieurs voix de l’industrie estiment que jusqu’à 75 % des restaurants indépendants pourraient ne pas survivre au confinement et aux mesures de distanciation sociale qui en découlent. Les grandes chaînes et les géants de la restauration rapide survivront. Cela laisse supposer que les grandes entreprises vont s’agrandir tandis que les plus petites vont diminuer ou disparaître.» On appréciera la rondeur suave des tournures.
Une déclaration très profonde du Docteur Laurent Montesino, médecin réanimateur en Ile de France (source: covidinfos.net).
« Est-il rationnel de sacrifier une grande partie de l’économie avec tout ce que cela comporte comme effets collatéraux pour une pathologie qui a moins de 0,5 % de mortalité et qui ne tue que des sujets âgés et malades ? […] Est-il normal pour cette même pathologie de vouloir vacciner toute la population française, voire mondiale ? […] Je vous incite à reprendre votre vie en main, à faire attention à vous […] à ne plus faire confiance aveuglément. Des chiffres arbitraires sortis de nulle part conditionnent notre mode de vie. […] Un cas positif n’est pas un malade. Nous avons tous ce droit fondamental de choisir notre mode de vie, dans le respect des autres, de la nature. pourquoi vouloir éviter de mourir si c’est pour ne pas vivre ? »
L’atteinte totalitaire au consentement, quand l’homme devient le bétail du politique.
Auteur(s): Pierre Antoine Pontoizeau pour FranceSoir
Tribune : Nous arrivons au bout d’un processus totalitaire qui va en finir avec la liberté. Le projet de loi Castex détruit le consentement du patient. Il est crucial de comprendre de quoi nous parlons pour que les élus, les médecins et les honnêtes gens mettent un terme à cette installation d’un régime totalitaire où nous serons le bétail du politique.
La loi de 2002 sur les droits des malades pose le primat du principe d’autonomie hérité de la philosophie des Lumières, le patient demeurant un citoyen autonome avec lequel les soignants entretiennent une relation de confiance dans le but de porter à sa connaissance de « manière claire, loyale et appropriée » les informations utiles à son consentement libre et éclairé. Pourtant, existe d’emblée une dépendance ou une asymétrie entre ceux qui savent et celui qui ne sait pas avec l’objectif implicite à cette relation : restaurer la santé du patient qui n’est pas autonome pour y parvenir. La dépendance est avérée d’emblée et elle marque un premier consentement qui est aussi un dessaisissement de ses libertés d’agir sur soi par le constat de son impuissance à trouver par soi-même les moyens d’agir dans un but : sa santé. Aller voir le médecin, c’est déjà renoncer à une liberté pour se confier aux bons soins de celui qui saura. Le patient s’en remet à. Son autonomie toute relative est donc dépendante de la connaissance portée à son attention par le médecin qui se retrouve dans la même position que le politique pour faire œuvre de persuasion et pédagogie positivement, sans nier le risque d’une propagande ou manipulation selon les fins du corps médical en dehors de celle envisagée par le patient : opérer, accepter, différer, amputer, soulager, choisir une thérapie selon son coût, ses effets et ses risques, etc. Plusieurs aspects sont à prendre en compte : 1) le consentement vers une personne de confiance, 2) le consentement dépendant des capacités cognitives, 3) le consentement et le libre renoncement.
1) le consentement vers une personne de confiance tient à une relation de respect de l’humanité de chacun car le consentement au soin suppose consentir à une proposition qui émane de quelqu’un qui l’énonce. Ce consentement en confiance suppose une herméneutique de l’autre, une lecture a priori de ses bonnes intentions, soit une bienveillance à son égard. Le « je vous fais confiance » signifie aussi que l’on se dispense pour une part de chercher la pleine compréhension avec une sorte de délégation de confiance du raisonnement et des connaissances qui motivent des décisions et actions : opération, soins, etc. Cette délégation est prévue pour qu’une personne de confiance puisse assister le patient dans ses choix. Mais dans les choix cruciaux, cette délégation à autrui devient critique, car le choix engage la survie. Le consentement peut passer par un mandat, mais il s’agit alors de se dessaisir de son autonomie comme si l’exercice de sa liberté se confiait à un tiers ? La relation à des tiers de confiance demeure un point de cette relation.
2) le consentement dépendant des capacités cognitives suppose que celles-ci sont jugées par un tiers appréciant l’autonomie du patient. Un tiers s’arroge le droit d’évaluer l’incompétence ou la dépendance du patient parce que la maladie peut altérer les capacités de discernement conditionnant un consentement éclairé. Si l’herméneutique de soi des modernes exige la volonté rationnelle, sa substitution par la volonté d’un tiers met en évidence la difficulté d’apprécier par soi-même ces capacités, dans les cas psychiatriques par exemple. Cette prise de pouvoir sur l’autre aliène bien la liberté d’un patient jugé inapte, jugé dénué d’un degré de conscience indispensable à l’expression de son consentement. Par transposition au politique, ce dessaisissement acte une séparation entre une population apte au gouvernement et une seconde inapte à l’instar des propos de Lippmann inspiré par la psychanalyse. Existe alors une manœuvre de propagande, dès lors que l’évaluateur ou le juge préféreront conclure à l’incapacité, plutôt que de respecter l’autre en cherchant obstinément à obtenir son témoignage en reconnaissant les signes d’une autonomie toujours présente et s’exprimant imparfaitement. Là encore l’herméneutique de soi et celle d’autrui détermine la conclusion.
3) le consentement et le libre renoncement relèvent d’un arbitrage où le patient doit accepter une perte : amputation ou opération aux effets invalidants durables par exemple. Ce renoncement acte une atteinte à son intégrité qui est le prix à payer à une survie par un engagement éclairé sur les conséquences : acceptables, supportables. Le patient doit à la fois se préserver dans son identité et son image de soi et comprendre ce qui l’atteint pour lui donner un sens : nouvel acte et décision personnelle dans un projet pour soi Le patient compose avec lui-même et cela s’appelle la liberté.
En synthèse, la relation du patient à l’équipe médicale révèle un triptyque du consentement : 1) la confiance, 2) le jugement et 3) l’engagement, ce dernier prenant un sens plus positif dans un consentement politique ou humain : relation maritale, relation sociale, projet politique communale, etc. Ce qui est éprouvé dans cette relation particulière prolonge l’herméneutique des modernes. L’équipe médicale doit être digne de confiance et a contrario ne pas susciter la défiance : manipulation, influence, intérêt propre, pouvoir, expérimentation, exploration, etc. Elle doit soutenir la liberté de jugement et a contrario ne pas masquer des connaissances, des données, des alternatives par pré-choix ou décision autoritaire. Elle doit éclairer des conséquences de l’engagement et a contrario ne pas occulter des explications sur tous les impacts connus, probables ou potentiels sans déformation altérant le sens de cet engagement respectueux de la personne [1].
Nous aurons ici la sagesse de considérer que malgré l’assentiment de tous, l’enfermement ou la violation des libertés de la personne humaine comme la vaccination obligatoire sont des entreprises de destruction de notre libre humanité. Je ne suis pas sûr que le consentement suffise à changer la nature du Goulag ou du camp de concentration hier, la loi Castex aujourd’hui qui nous fait basculer définitivement dans un autre monde politique. C’est à cette seule question que nos contemporains devraient répondre de manière cohérente en étant comptable de leur pensée devant l’histoire. Tous les élus locaux de la République doivent se révolter où ils auront une responsabilité cruciale face à l’histoire. La France est le seul pays au monde à installer une telle dictature politique au prétexte du sanitaire.
[1] La définition de Tom Beauchamp et James Childress, dans Les principes de l’éthique biomédicale est éclairante : « Respecter un individu autonome, c’est, au minimum, reconnaître le droit de cette personne à avoir des opinions, à faire des choix et à agir en fonction de ses valeurs et de ses croyances. Un tel respect implique une action respectueuse, et pas uniquement une attitude respectueuse. Un tel respect implique davantage que la non-intervention dans les affaires personnelles d’autrui. Il inclut, du moins dans certains contextes, des obligations de développer ou de maintenir les aptitudes au choix autonome des autres, tout en dissipant leurs craintes et autres conditions qui détruisent ou perturbent leur actions autonomes ». 2008, Paris, éditions Les Belles Lettres, p.101
Auteur(s): Pierre Antoine Pontoizeau pour FranceSoir
La tactique de Macron pour détruire la France et asservir le peuple français.
Ce qui va être décrit ici est à la fois simple et monstrueux. Les faits sont tellement accablants qu’ils devraient suffire à provoquer, dans une République digne de ce nom, un électrochoc et un renversement. Encore cet article ne prétend-il pas épuiser la liste des scandales ni élucider tous les dessous de l’opération… Tandis que les contre-pouvoirs sont complices ou neutralisés, que les gros médias sont transformés en outils de propagande, le peuple manipulé est-il encore capable de réaction ? L’heure est bien trop grave pour se perdre en conjectures. Il s’agit simplement de mettre en évidence l’effroyable machination qui s’accomplit actuellement. De sorte que le jour du douloureux réveil, quand le Pays sera changé en champ de ruines, personne ne pourra dire à ses enfants et à ses petits-enfants qu’il ne savait pas.
Avertissement : En temps ordinaire, un article s’inscrit dans un débat d’idées au long cours. On argumente, on ergote, on a tout le temps. La situation actuelle est totalement différente. Nous sommes dans une course contre la montre. Chaque jour qui passe, multipliant les mensonges et les subterfuges, Macron pousse plus loin sa logique de destruction de la France. Sous prétexte de lutter contre un virus dont le taux de létalité plafonne de son aveu même à 0,6 %, les libertés publiques sont piétinées et l’économie essuie des coups d’une violence inouïe. Il ne suffit donc pas d’écrire un article, de le discuter, ni même de le diffuser. Il faut, au plus vite, une prise de conscience collective. La politique macronienne, au mieux insensée et destructrice, au pire retorse et criminelle, doit être interrompue DE TOUTE URGENCE. Ses dégâts sont déjà immenses. A attendre encore, ils seront irréparables. Et le Pays pourrait ne jamais s’en relever. Français, réveillez-vous vite ! Car il sera bientôt trop tard.
Alexandre Gerbi Ancien professeur au Lycée Lyautey de Casablanca, ancien journaliste, Alexandre Gerbi est l’auteur de Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine, Imposture, refoulements et névroses (L’Harmattan, 2006), de La République inversée, Affaire algérienne (1958-1962) et démantèlement franco-africain (avec Raphaël Tribeca, L’Harmattan, 2011), de Histoire inavouable de la Ve (…)
… Tout au début de la pandémie, j’ai été inclus dans des réseaux d’échange d’informations impliquant des cadres de sociétés multinationales. Assez rapidement, j’ai fini par survoler d’un œil distrait les messages: on ne faisait que relayer les nouvelles médiatiques les plus alarmantes sans jamais les mettre en doute ni les contrebalancer par des analyses indépendantes. Le même conformisme régnait dans les revues et plateformes spécialisées dans la technologie ou le business. La seule option agréée était celle du «all out panic». Panique intégrale! Nous étions confrontés à la nouvelle peste bubonique, toute contestation de cette vérité vous attirait des regards soupçonneux (et des étiquettes infamantes). Des dysfonctionnements graves de la communication scientifique, comme les erreurs de modélisation désastreuses de Nigel Ferguson et de l’Imperial College, ou les études bidon publiées dans le Lancet ou le New England Journal of Medicine, étaient parfois mentionnés avec un smiley dubitatif, mais jamais on ne prenait la peine de tirer les conclusions qui s’imposaient. A la différence des humanistes sceptiques et du public ordinaire (lorsqu’il avait accès à ces informations), les technocrates n’ont jamais été affectés par ces démentis de leur vision catastrophiste et ultrasécuritaire. Les gardiens de la raison gestionnaire n’ont pas fait barrage à l’hallucination collective, ils en étaient des relais passifs ou actifs.
«Qu’ont-ils fait de leur esprit critique?» me suis-je demandé, me rappelant que le critical thinking est l’une des disciplines de base dans les grandes écoles de management où tous ces apparatchiks passent leur MBA.
J’ai eu l’occasion d’étudier de près le programme d’une des écoles de business les plus prestigieuses au monde. On s’y targuait d’apprendre aux étudiants — qui étaient déjà des professionnels actifs à des postes de responsabilité —, à «penser par leur propre tête». L’accent mis sur cette discipline m’a laissé pensif. Parce qu’ils ne l’ont jamais appris avant? A voir la réaction façon «banc de poissons» de la technocratie corporative au printemps 2020, je me suis demandé si cette composante de leur formation signifiait quelque chose. J’ai donc rouvert leurs livres de classe.
La disponibilité mentale, porte d’entrée de la manipulation
Parmi ceux-ci, les travaux du prix Nobel Daniel Kahneman occupent une place… pontificale. Sa théorie des deux vitesses de la pensée (Système 1: l’intuitive, fulgurante et peu fiable; Système 2: la rationnelle, lente et minutieuse) est un incontournable dans la formation de l’élite dirigeante de la technosociété. Il enseigne à se méfier de son intuition, prendre du recul et passer ses réflexes au crible d’une analyse posée et méthodique. Penser lentement, décider rapidement!
Or, c’est dans le livre même où cette théorie axiale est exprimée que j’ai trouvé la meilleure clef de compréhension, à ce jour, de la psychose délirante où nous vivons. Dans Thinking, Fast and Slow(1), Kahneman s’attache à débusquer des «biais cognitifs» surprenants dans les raisonnements courants, même chez les gens formés et payés pour réfléchir. Au 12e chapitre, il s’attarde sur la «science de la disponibilité» en se référant aux travaux de son collègue Paul Slovic, de l’Institut de recherche d’Eugene, dans l’Oregon. Slovic et son équipe avaient montré que notre démarche heuristique (acquisition de connaissances) était bien davantage influencée par la disponibilité des éléments d’information que par leur fiabilité ou leur véracité — la paresse mentale étant l’un des paramètres essentiels de l’esprit humain. Lorsqu’on demande aux sujets du groupe A de se rappeler six moments où ils ont agi de manière affirmative, et à ceux du groupe B de se rappeler douze moments pareils, les sujets du groupe A se considèrent en fin de compte plus sûrs d’eux-mêmes que ceux du groupe B, qui ont dû fournir un plus grand effort pour répondre aux critères. Ceci, alors même que le sujet du groupe B, en principe, est objectivement plus sûr de lui. La fluency (aisance d’accès) des informations est l’élément clef de la construction des certitudes ordinaires.
On le voit d’ici: nous tenons là la porte d’entrée de la propagande de masse («un mensonge répété cent fois devient une vérité»).
La cascade hallucinatoire
Mais le mécanisme qui nous intéresse est décrit au chapitre suivant, «Disponibilité, émotion et risque». On y fait intervenir un facteur nouveau: celui de la médiatisation. Ainsi, dans la population générale, les opinions quant à la fréquence des causes de mortalité apparaissent directement liées à la couverture médiatique. («Les crises cardiaques causent presque deux fois plus de morts que tous les accidents cumulés, mais 80% des répondants jugent la mort par accident plus probable.»)
Dans l’examen de l’interaction public-médias, deux autres psychologues, Cass Sunstein et Timur Kuran, ont forgé le concept de cascade de disponibilité. Il s’agit d’«une suite d’événements qui font boule de neige», comme dans la surenchère astronomique des médias serbes lors de l’éclipse d’août 1999.
Cette cascade, explique Kahneman (p. 142), peut être déclenchée par l’exploitation médiatique d’un sujet «relativement anodin» et entraîner, en fin de compte «la panique du public et une intervention musclée de l’Etat».
Sujet relativement anodin? Kahneman cite des cas de pollution locale qui deviennent des motifs d’inquiétude nationale, ou d’infimes risques d’empoisonnement aux pesticides qui ont pratiquement tué aux USA la vente des pommes, devenues «cancérigènes». Mieux encore: le dégât concret n’est pas nécessaire. Un risque suffit.
«Dans certains cas, la couverture médiatique d’un risque captive un segment du public, qui devient alors agité et inquiet. Cette réaction émotionnelle devient ensuite un sujet en soi, qui sera à son tour abordé par les médias.»
Observons bien: nous n’en sommes plus au stade du dégât concret, ni même du risque qu’il survienne. Nous en sommes à gérer la réaction du public au risque d’un mal qui n’a pas encore pointé le bout de son nez, soit à deux stades d’abstraction au-dessus du fait en soi! Résultat?
«L’inquiétude ne fait que décupler et les esprits s’échauffent encore davantage. Parfois, le cercle vicieux est même délibérément créé par des “agents de disponibilité”, ces personnes ou ces organisations qui veillent à la circulation ininterrompue de nouvelles inquiétantes. Le risque est de plus en plus exagéré au fur et à mesure que les médias se disputent l’attention du public au moyen de titres accrocheurs.»
Des agents de disponibilité? Des semeurs de panique délibérés? N’allons pas convoquer les ténèbres du complot. Nous suffisent les médias qui nous lavent le cerveau du matin au soir en agitant le spectre du risque et le confondant avec le danger lui-même. Dans le cas du Covid, on l’a entendu mille fois: certes, ce n’est pas la peste, mais elle est pour demain si… (Et d’avancer des modélisations bidon à l’appui, toujours catastrophistes.)(2)
Couronnement de la manœuvre: la psychose se mue en dogme et développe son idéologie propre. S’ensuit nécessairement la purge des hérétiques:
Le discours des scientifiques et de ceux qui tentent de dissiper les craintes et la révulsion grandissante suscite peu d’intérêt, mais beaucoup d’hostilité: quiconque ose affirmer que le risque est surévalué est soupçonné d’être affilié à un complot odieux.
En covidéologie, on voulu faire croire que le «discours des scientifiques» était, au contraire, unanimement du côté des alarmistes. Puis, malgré la chape de plomb médiatique, il s’est avéré qu’un grand nombre de scientifiques de renom ne croyaient pas au récit imposé. On connaît le Dr Raoult en France, mais il en va de même en Allemagne (Sucharit Bhakdi, l’un des plus illustres microbiologistes mondiaux), aux USA (le prof. John Ioanidis de Stanford), en Grande-Bretagne (Dr John Lee), etc.
Dans une construction idéologique, cela ne change rien à l’affaire. La Déclaration de Great Barrington, initiée en octobre par des médecins de Harvard, Stanford et Oxford, condamne la politique du confinement comme rétrograde et contreproductive. Elle a été signée par plus de 15’000 autorités médicales et scientifiques dans le monde. Pourtant, cela n’a pas plus influencé les politiques et leurs «experts» (souvent inconnus) que s’il s’était agi d’une pétition de collégiens. A contrario, des bureaucrates sans aucun crédit scientifique — voire les «modérateurs» anonymes de Twitter — sont autorisés à juger et censurer le travail de praticiens et de chercheurs chevronnés. «Un argument d’autorité» qui, selon le Dr Raoult, n’a été vu «que dans les situations de fascisme ou chez Ceausescu… c’est spectaculaire!»
On en arrive ainsi à classer parmi les complotistes aussi bien les cliqueurs nocturnes survoltés que des sommités de la science. Tous sont logés à la même enseigne. Seuls sont «compétents» pour gérer la crise les technocrates et leurs «experts» cooptés sur des critères incertains (parmi lesquels leur proximité avec l’industrie pharmaceutique se profile tout de même comme une constante). Les dissonants sont discrédités et bâillonnés à la hâte, arbitrairement, sans argument de fond (comme le Dr Perronne vient d’en faire l’expérience). Et personne, pas même les pachas et les vizirs du système, n’est à l’abri de la purge.(3)
Expertocratie, la course à la ruine
Enfin, nous arrivons à l’apothéose. Partant d’un «sujet relativement anodin», on créé une hypnose collective qui occupe désormais tout l’horizon mental de la société.
«La cascade de disponibilité a remis à zéro les priorités. Les autres risques et les autres manières de distribuer les ressources publiques sont passés à l’arrière-plan.»
C’est pourquoi, entre autres choses, les mises en garde sur les dégâts collatéraux de la «guerre» à la pandémie, économiques, psychologiques ou sanitaires, restent lettre morte. Même les nouveaux risques directement induits par la covidéologie disparaissent du champ de vision. Les hôpitaux ferment tous leurs services «cause Covid», quitte à rester déserts. Les patients ne sont plus pris en charge, les opérations urgentes sont renvoyées ad æternam(4). Les sociétés les plus médicalisées au monde laissent leurs malades au bord du chemin.
Le monde occidental, en particulier, est devenu un château de la Belle au Bois dormant. Les responsables politiques dépassés laissent la barre à des experts psychorigides à la voix métallique qui semblent tout droit sortis des laboratoires de la biorobotique. Des chiffres sont invoqués comme des formules magiques.
Là encore, Kahneman, ou plutôt son collègue Slovic, nous avait prévenus: face au risque, les experts sont généralement moins bien armés que le commun de la population.
«Il souligne que les experts mesurent souvent les risques par le nombre de vies (ou d’années de vie) perdues, tandis que le public trace des distinctions plus subtiles, par exemple entre les “bonnes” et les “mauvaises” morts… Ces distinctions légitimes sont souvent ignorées dans la statistique qui ne tient compte que des cas. Slovic en déduit que le public a une conception plus affinée du risque que les experts. Il conteste donc fortement l’idée que les experts doivent diriger, ou que leurs opinions doivent être acceptées sans conteste lorsqu’elles entrent en conflit avec les opinions et les souhaits des autres citoyens.» (p. 140)
D’éclipse en éclipse
Comme en cet étrange 11 août 1999, j’ai été frappé tout au long de l’année 2020 par le silence aligné — honneur aux exceptions — des «sachants» sur la dérive psychotique qui s’amplifiait sous leurs yeux. Personne n’avait donc lu Kahnemann, en particulier cette page 142 de son livre qui nous donne en trente lignes le scénario complet? L’auteur lui-même avait anticipé cet aveuglement en observant, non sans ironie, que la tendance à l’auto-illusion des individus s’aggravait à proportion de leur puissance, réelle ou perçue (p. 135). Les chefs, selon lui, ont plus tendance à «suivre le troupeau» que les subalternes, alors qu’on s’attendrait plutôt au contraire. (Molière et Gogol, eux, avaient bien compris et illustré ce paradoxe.)
Les cadres supérieurs de la société occidentale avancée sont-ils enflés et stupides à ce point? J’ai souvent été tenté de répondre «oui». Mais je leur laisse une porte de sortie qui est encore pire. Peut-être savent-ils parfaitement tout ce que je viens de décrire — après tout, cela vient de leurs livres de classe — et se taisent. Si la pandémie de 2020 a profité à une caste, c’est bien celle des multinationales et de la haute administration. Qui, dans la dystopie communiste qu’on nous prépare, ne seront qu’une seule et même nomenklatura. Mais ceci mérite un chapitre à part.
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Post-Scriptum
Le Covid-19 n’est pas certes pas une maladie anodine, mais l’autodestruction sociétale qu’on lui soumet en offrande est totalement hors de proportion. Ce qui est intéressant à remarquer, c’est que la cascade de disponibilité ne peut être enclenchée qu’à partir d’une cause mineure. Comme lors de l’éclipse à Belgrade, la surréaction est un indice de la bénignité de la cause: un danger réel aurait été géré avec réalisme. On a vu, notamment dans L’Incident, le livre de Nicolas Lévine sur le début de la crise, le flottement désinvolte des gouvernements et des médias se focaliser en vent de panique à jet continu à partir de la mi-mars, essentiellement à cause d’une modélisation catastrophiste (et non à cause de l’impact concret de la maladie). Aujourd’hui encore, dans la plupart des pays, la population n’aurait pas connaissance d’une épidémie démesurément plus grave que la grippe si le système médiatique (médias + gouvernement + experts) ne l’en persuadait quotidiennement. Avec un narratif serein, on aurait pu gérer cette épidémie comme les précédentes sans instaurer la dictature sanitaire.
Tenant compte du fait que la Fondation Bill & Melinda Gates a investi plus de 250 millions de dollars dans des dizaines de médias, et vu la concordance de leurs tendances avec les projections de Gates, on peut tout de même qualifier ces médias d’agents de disponibilité délibérés. Voir «Conspirationnisme officiel contre conspirationnisme sauvage», AP247, 23/08/2020.
Comme on l’a vu à Moscou en 1934.
Il serait utile d’estimer dans quelle mesure le pic de mortalité de l’automne 2020 dans nos pays est induit par l’incurie et la désorganisation «cause covid» des systèmes de santé. Personne n’y songe, évidemment.
En rompant le rythme habituel du monde, la pandémie de Covid-19 a agi comme un révélateur de nos existences et du monde dans lequel nous vivons. Les auteurs de cette tribune y témoignent ce qu’ils et elles ont vu depuis le mois de mars.
Julien Coupat était l’un des inculpés du groupe dit de «Tarnac». Il est l’auteur, avec d’autres, de ce texte sur les «choses vues» en mai et en août 2020.
Nous avons vu abolie en un claquement de doigts la liberté la plus élémentaire des constitutions bourgeoises — celle d’aller et venir.
Nous avons vu un président prétendant régler depuis l’Élysée les «détails de notre vie quotidienne».
Nous avons vu un gouvernement promulguer du jour au lendemain de nouvelles habitudes, la façon correcte de se saluer et même édicter une «nouvelle normalité».
Nous avons entendu les enfants traités de «bombes virologiques» — et puis finalement non.
Nous avons vu un maire interdire de s’asseoir plus de deux minutes sur les bancs de «sa» ville et un autre d’acheter moins de trois baguettes à la fois.
Nous avons entendu un professeur de médecine dépressif parler de «forme de suicide collectif pour eux-mêmes et pour les autres» au sujet de jeunes gens qui prenaient le soleil dans un parc.
Nous avons vu un système médiatique parfaitement déconsidéré tenter de regagner une once de crédit moral par une entreprise de culpabilisation massive de la population, comme si la résurrection du «péril jeune» allait amener la sienne propre.
Nous avons vu 6.000 gendarmes des unités «montagne» appuyés par des hélicoptères, des drones, des hors-bords et des 4X4, lancés dans une traque nationale aux arpenteurs de sentiers, de bords de rivières, de lacs — sans parler, évidemment, des bords de mer.
Nous avons vu les Polonais en quarantaine sommés de choisir entre se photographier chez eux sur une application combinant géolocalisation et reconnaissance faciale, ou bien recevoir une visite de la police.
Nous avons vu à quoi tiennent nos vies et par quoi nous sommes tenus
Nous avons entendu les vieillards tambourinant à la porte de leur chambre d’Ehpad implorer qu’on les laisse sortir voir le soleil peut-être une dernière fois, et la barbarie civilisée se draper d’excuses sanitaires.
Nous avons vu la notion de «distance sociale», conçue dans l’Amérique des années 1920 pour quantifier l’hostilité des Blancs envers les Noirs, s’imposer comme norme évidente d’une société d’étrangers. Nous avons ainsi vu un concept né pour répondre aux émeutes raciales de Chicago en 1919 mobilisé afin de geler l’onde insurrectionnelle mondiale de 2019.
Nous avons vu, dans nos nuits confinées, les satellites d’Elon Musk remplacer les étoiles, comme la chasse aux Pokemons a remplacé la chasse aux papillons disparus.
Nous avons vu d’un jour à l’autre notre appartement, que l’on nous avait vendu comme un refuge, se refermer sur nous comme un piège.
Nous avons vu la métropole, une fois évanouie comme théâtre de nos distractions, se révéler comme espace panoptique du contrôle policier.
Nous avons vu dans toute sa nudité le réseau serré des dépendances auquel nos existences sont suspendues. Nous avons vu à quoi tiennent nos vies et par quoi nous sommes tenus.
Nous avons vu, dans sa suspension, la vie sociale comme immense accumulation de contraintes aberrantes.
Nous n’avons vu ni Cannes, ni Roland-Garros, ni le Tour de France — et c’était bien.
Nous avons lu ce communiqué du Centre patronal suisse : «Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation… Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentissement de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d’innombrables habitants qui n’ont aucune envie de subir plus longtemps cette expérience forcée de décroissance.»
Nous avons vu les États-Unis, la France ou l’Italie déclarer une guerre forcément implacable à un ennemi bien entendu invisible, et mimer en cela le pouvoir chinois. Nous avons vu les États les plus occidentaux adopter naturellement les mots, les méthodes et les manières réputés propres au «despotisme oriental» — mais sans les moyens de celui-ci. Nous avons vu l’impitoyable gouvernementalité chinoise désignée d’autant plus comme ennemie qu’elle sert en réalité de modèle. Nous avons vu vers quoi tendent les démocraties.
Nous avons vu le social se résorber de plus en plus dans le gouvernemental, et celui-ci se réduire au purement hostile. Nous avons vu la séparation achevée coïncider avec le projet d’une gouvernementalité parfaite.
Nous avons vu, à travers les trous dans les blouses des infirmières, l’intense bricolage qui se fait passer pour «nos institutions»
Nous avons assisté, des semaines durant, à l’interminable sketch télévisé des masques, des tests et des places en réanimation. Et nous avons vu dans cette mascarade le reflet de notre propre impuissance sans mesure. Nous avons vu la passion triste d’être bien gouverné comme devant être toujours déçue.
Nous avons vu les couturières du village suppléer aux carences de l’État et les aides-soignantes parler plus haut qu’un soi-disant Président. Nous n’avons vu défiler que porte-paroles sans parole, généraux sans armée, stratèges sans stratégie et ministres sans magistère. Nous avons vu s’effondrer l’ancienne foi en l’État au moment même où celui-ci se retrouvait une inespérée raison d’être.
Nous avons vu l’État français, si couramment frappé de grandiosité comme tout ce qui est français, ramené à son statut réel d’État failli. Nous l’avons vu cachant sous les ors de son appareil une réalité du Tiers-Monde — chipant des masques à ses propres collectivités locales et à ses «alliés européens», mobilisant l’armée comme le premier président mexicain venu pour mettre en scène une maîtrise de la situation à laquelle personne ne croit, mimant à coups d’hélicoptères et de TGV une efficacité de carton-pâte, s’appropriant comme siens les élans de solidarité spontanée envers des soignants qu’il n’avait jusque-là cessé de déplumer.
Nous avons vu, à travers les trous dans les blouses des infirmières, l’intense bricolage qui se fait passer pour «nos institutions».
Nous avons vu la métabureaucratie privée des cabinets de conseil mondiaux aussi empotée que la bureaucratie étatique, et partout étendant son emprise.
Nous avons vu comme les États-Unis, en fait d’État failli, valent bien la France.
Nous avons vu partout la prétention à administrer les choses, à les gérer de loin s’écraser sur le réel — et ce, pour commencer, à l’hôpital.
Nous avons vu le réflexe de centraliser-planifier-organiser partout empirer la situation, et n’améliorer que l’image des organisateurs.
Nous avons vu se déployer l’auto-organisation locale, de proche en proche, à même les territoires vécus, comme réflexe vital ramenant un peu de sens et de prise
Au faîte de la crise, nous avons vu l’État comme ce dont nous n’avons plus besoin, et dont n’émane rien en guise de secours qu’une sourde menace et des coups bas. Nous avons vu que, vivre sans l’État, ou loin de son empire, est devenu, pour beaucoup, la première mesure vitale.
Nous avons vu se déployer l’auto-organisation locale, de proche en proche, à même les territoires vécus, comme réflexe vital ramenant un peu de sens et de prise — comme expérience infime mais réelle de puissance collective.
Nous avons vu la passion du jardin, voire du poulailler, saisir ceux qui n’avaient jusque-là que trois pots de fleurs fanées.
Nous n’avons vu, dans le galop d’essai du confinement mondial, aucune césure entre un monde d’avant et un monde d’après. Nous l’avons vu comme simple révélateur du monde qui était déjà là, mais dont la cohérence était jusque-là tue.
Nous avons vu surgir, avec la mise aux arrêts domiciliaires de la plus grande partie de la population mondiale, la nouvelle architecture toute prête de la séparation, où l’absence de contact forme la condition pour que tous les rapports soient médiés cybernétiquement.
Nous avons vu émerger, au détour de quelque statistique du ministère de l’Intérieur au sujet des 20% de Parisiens partis se confiner ailleurs, l’écosystème jusqu’ici clandestin de la surveillance de masse. Nous avons vu qu’il était vain, en la matière, de distinguer entre organisation étatique et data brokers privés, entre ceux qui détiennent les titres et ceux qui disposent des leviers.
Nous avons vu, au prétexte imparable de la pandémie, s’afficher la cohérence des pièces jusque-là disjointes des plans impériaux
Nous avons entendu Eric Schmitt, l’ex-patron de Google devenu un pilier du complexe militaro-industriel étasunien, formuler ce que l’on se garde bien de dire officiellement en France : la déscolarisation connectée des enfants est bien une «expérimentation de masse en matière d’enseignement à distance». Puis préciser le plan : «Si nous devons construire l’économie et le système éducatif du futur sur le tout-télé, nous avons besoin d’une population intégralement connectée et d’une infrastructure ultrarapide. Le gouvernement doit procéder à des investissements massifs — peut-être comme plan de relance — pour convertir l’infrastructure numérique de la nation aux plates-formes basées sur le cloud et les relier par le réseau 5G.» Nous avons perçu dans son appel à la gratitude envers les géants du numérique — «Réfléchissez un peu à ce que serait votre vie en Amérique sans Amazon!» — la voix triomphante des nouveaux maîtres.
Nous avons vu, au prétexte imparable de la pandémie, s’afficher la cohérence des pièces jusque-là disjointes des plans impériaux : géolocalisation, reconnaissance faciale, Linky, drones en pagaille, proscription des paiements en liquide, internet des objets, généralisation des capteurs et de la production de traces, assignation à résidence numérique, privatisation exaspérée, économies massives par le télétravail, la téléconsommation, les téléconférences, le télé-enseignement, les téléconsultations, la télésurveillance et, pour finir, le télélicenciement.
Nous avons vu dans le taux d’équipement technologique de chacun la condition pour endurer une réclusion qui, il y a encore dix ans, aurait été éprouvée comme intolérable — un peu comme l’introduction de la télé en prison y a éteint les grandes révoltes.
Nous avons assisté à l’inflation fulgurante d’un type spécifique de technologies : celles dont Kafka disait que nous périrons parce qu’elles «multiplient le fantomatique entre les Hommes».
Nous avons vu, avec le confinement mondial, la socialisation du virtuel répondre à la virtualisation du social. Le social n’est plus le réel. Le réel n’est plus le social.
Nous avons vu, aux États-Unis, le couvre-feu policier prendre la suite du confinement sanitaire, et les applications de traçage imaginées «pour le Covid» servir à traquer les émeutiers.
Nous avons, en France, vu les manifestations que l’on interdisait autrefois pour d’impénétrables raisons d’ordre public, interdites désormais pour d’impénétrables raisons d’ordre sanitaire.
Nous avons vu la hiérarchie sociale comme purement fondée sur le degré de parasitisme
Nous avons vu, une fois la population confinée, la police jouir jusqu’au meurtre de sa souveraineté retrouvée sur un espace public idéalement déserté. Et nous avons vu en retour, aux États-Unis, en quoi peut consister un déconfinement réussi : la reprise de la rue, l’émeute, le pillage, la réduction en cendres de la police, des grands magasins, des banques et des bâtiments gouvernementaux.
Nous avons vu, sur un balcon de Nantes, cette banderole stupide et couarde : «Restez chez vous! Préparons les luttes de demain!»
Partout, nous avons vu des citoyens reprendre en écho le «rentrez chez vous!» aboyé par les flics et leurs drones.
Nous avons vu la gauche, comme toujours, à l’avant-garde du «civisme» qu’aspirent à produire les gouvernants — à l’avant-garde, donc, du suivisme.
Nous avons vu la blague des «permis de vivre» imaginés en 1947 par les dadaïstes du Da Costa Encyclopédique se réaliser comme politique d’État et mesure citoyenne. Qu’il ait été loisible à chacun de se les délivrer aurait dû alerter sur le loufoque de l’initiative.
Nous avons vu à quoi tient la «rigueur budgétaire», tout comme l’impératif moral de se lever tôt le matin pour aller au turbin.
Nous avons vu, pour ceux qui continuaient à travailler, que le travail forcé est la vérité du travail salarié, que l’essence de l’exploitation est d’être sans limite et que l’autoexploitation est son premier ressort.
Nous avons vu la hiérarchie sociale comme purement fondée sur le degré de parasitisme. Nous avons vu la société de l’utilitarisme renvoyer chez eux comme «inessentiels» ses propres gestionnaires.
Nous avons éprouvé dans la fausse alternative entre un espace public intégralement sous contrôle et un espace privé promis au même destin le manque de lieux intermédiaires d’où nous puissions localement reprendre en main des conditions d’existence qui, de toutes parts, nous échappent. Nous avons vu dans la prolifération des intermédiaires en tout genre — commerciaux comme politiques, intellectuels comme sanitaires — la conséquence de ce défaut de lieux.
Nous avons vu une nouvelle vertu civique naître de ce qui était hier encore un délit : être masqué
Nous avons senti l’appareil médiatique et gouvernemental, de palinodies en grossiers mensonges, de contradictions béantes en feintes révélations, jouer deux mois durant sur nos états d’âme comme sur un piano. Et se plaire tant à l’exercice qu’il entend bien continuer aussi longtemps que possible.
Nous avons éprouvé comme, par l’insondable menace du virus, on nous liait à nous-mêmes en nous liant aux autres, mais par un lien qui est la déliaison même : la peur.
Nous avons vu une nouvelle vertu civique naître de ce qui était hier encore un délit : être masqué. Nous avons vu la pétoche protester de son altruisme et la normopathie se donner en exemple. Nous avons vu le plus complet désarroi quant à la façon de vivre — la plus complète étrangeté à soi — dispenser des leçons de savoir-vivre. Nous avons vu dans cette incertitude, et dans cette étrangeté, la promesse de mœurs intégralement reprogrammables.
Nous avons vu gouvernants et multinationales célébrer le care dans l’unique espoir de nous dissuader de leur faire la guerre. Nous avons vu les champions du discrédit tenter de couvrir les huées qui leur étaient destinées en faisant acclamer les damnés du salariat. Nous avons vu les tire-au-flanc de toujours inventer l’héroïsme des «combattants de première ligne» comme ultime façon de se planquer.
Nous avons vu comment l’impossibilité de distinguer le mensonge de la vérité, et non le règne exclusif du mensonge, nous rendait manœuvrables à souhait, comment, la moindre information probante étant systématiquement démentie dans la journée par une autre non moins improbable, il suffisait d’entretenir un certain brouillard sur toutes les données dont les gouvernants ont le monopole pour nous faire perdre pied.
Nous avons vu la science si farcie d’intérêts qu’elle en devient incapable de produire le moindre début de vérité. Nous avons vu le savoir si saturé de pouvoir qu’il en a implosé. Nous avons été laissés avec l’intuition et l’enquête située comme dernières voies praticables d’accès au réel, comme racines pour tout raisonnement logique.
Nous avons vu la cause de la «santé publique» comme pure et simple expropriation de toute certitude sensible quant à notre santé réelle.
Nous n’avons pas goûté la bienveillante inquisition des «brigades d’anges gardiens» du docteur Véran.
Nous avons vu le souverain républicain réaliser son rêve de rassembler pour sa messe l’ensemble de ses sujets idéalement séparés devant leur écran entre les quatre murs de leur foyer, et enfin réduits à sa contemplation exclusive. Nous avons vu le Léviathan réalisé.
Nous avons vu Macron s’approprier paisiblement le 1er Mai des travailleurs et les jours heureux du CNR [Conseil national de la Résistance], et les gauchistes en revendiquer mimétiquement l’héritage plutôt que d’en conclure à leur péremption définitive.
Nous avons vu, deux mois durant, le sempiternel gauchisme multiplier les appels dans le vide et les programmes pour personne. Nous l’avons vu incapable, dans ces «circonstances exceptionnelles», de faire autre chose que mobiliser, c’est-à-dire exploiter jusqu’à l’épuisement les dernières ressources subjectives.
Nous avons vu les grands libertaires faire l’apologie du confinement et promouvoir le port citoyen du masque et les plus gros fachos en dénoncer la tyrannie. L’anarchiste qui veut croire à quelque bonne volonté, voire à quelque bienveillance de l’État, nous rappelle ainsi qu’il n’y a pas de gouvernement sans autogouvernement, et vice-versa. Gouvernement et autogouvernement sont solidaires, relèvent du même dispositif. Que le pasteur soigne son troupeau ne l’a jamais empêché de mener les agneaux à l’abattoir.
Nous avons croisé, dans les sous-bois du confinement, les sourires de l’infraction complice
Nous avons vu les marxistes, abasourdis que les «valets du capital» interrompent moindrement sa reproduction, s’étouffer que le clergé de l’économie décide de la bloquer un tant soit peu, bref : nous avons vu les marxistes découvrir que l’économie n’est pas une donnée brute et indépassable, mais une manière de gouverner, et de produire, un certain type d’hommes.
Nous avons vu un bourgeois bourguignon, philosophe à ses heures, qui chantait hier encore «l’économie comme science des intérêts passionnés» et sollicitait Microsoft pour financer sa chaire d’université appeler à sortir de l’économie.
Nous avons vu, à l’occasion du confinement, un riche Chinois d’Aubervilliers débaucher sans retour l’institutrice de son fils comme préceptrice à domicile, et doubler pour cela son salaire — moins avare en cela que tant de familles de la bourgeoisie parisienne, mais non moins déterminé à en finir avec l’enseignement public.
Nous avons vu l’Éducation nationale appeler son personnel à être vigilants «dans les couloirs et la cour pour repérer des propos qui attaquent la cohésion sociale».
Nous avons croisé, dans les sous-bois du confinement, les sourires de l’infraction complice. Nous avons vu un gouvernement si porté sur la discipline qu’il finit par donner à de simples pique-niques en forêt des airs de conspiration, et aux bons citoyens des réflexes de balance.
Nous avons vu la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, syndicat majoritaire], toujours prête à relancer, comme en 1942, quelque nouveau «chantier de la jeunesse», se scandaliser que les volontaires prétendent dorénavant être payés — pour finalement se rabattre sur l’exploitation des sans-papiers là où les Roumains font défaut.
Nous avons vu, comme en 1942, les bons Français toujours prompts à dénoncer les mal-confinés, et Ouest-France se lancer dans de subtils distinguos entre délation et dénonciation.
Nous avons vu les salauds — pêcheries industrielles, grands forestiers ou agroentrepreneurs — toute bride lâchée, intensifier encore leur dépeçage des océans, des terres et des forêts alors que nous étions enfermés chez nous.
Nous avons vu ceux qui, face à l’événement, s’empressent d’échafauder pour «demain» des «mondes d’après» où mettre en sécurité leurs douillettes illusions, et ceux qui acceptent de prendre acte de ce qui est en train de se passer, aussi glaçant cela soit-il.
Nous voyons l’anéantissement comme le destin manifeste de cette société
Nous avons vu, alors, qui déraisonne, et qui garde la tête froide, qui souscrit à la panique et qui reste digne, qui a la propagande à la bouche et qui parvient encore à sentir et penser en propre.
Nous avons entrevu l’entrée dans une autre temporalité, étrangère au temps social, plus dense, plus continue, plus ajustée, propre et partagée. Nous avons désiré le rapprochement physique de nos proches, et l’éloignement des plus hostiles d’entre nos voisins.
Nous avons vu autour de nous se renforcer tous les liens et tous les lieux qui rendent la vie vivante, et se distendre tout ce qui n’avait, au fond, pas de raison d’être.
Nous avons vu tout cela, et cela détermine un partage — un partage avec ceux qui accueillent les vérités de l’événement et un partage d’avec ceux qui ne voient toujours rien. Nous n’entendons aucunement convertir ces derniers à nos vues : ils nous ont assez entravés avec leur maudite cécité.
Nous voyons, face à la croissante «ingouvernabilité des démocraties», se durcir un bloc social-grégaire appareillé technologiquement, financièrement, policièrement tandis que s’esquissent mille désertions singulières et de petits maquis diffus, nourris de quelques certitudes et quelques amitiés. Nous voyons la désertion générale hors de cette société, c’est-à-dire des rapports qu’elle commande, s’imposer comme la mesure de survie élémentaire sans quoi rien ne peut renaître. Nous voyons l’anéantissement comme le destin manifeste de cette société, et comme ce qu’il incombe de précipiter à ceux qui ont entrepris de la déserter — si du moins nous voulons rendre à nouveau respirable, où que ce soit, la vie sur Terre. Le mur face auquel nous nous trouvons pour l’heure est celui des moyens et des formes de la désertion. Nous avons l’expérience de nos échecs en guise de plastic pour le faire céder. Toute stratégie en découle.
Nous nous sommes attachés à nous formuler ce dont nous avons été témoins au printemps dernier, avant que l’amnésie organisée ne vienne recouvrir nos perceptions. Nous avons vu et nous n’oublierons pas. Plutôt, nous nous reconstruirons sur ces évidences. Nous ne présupposons aucun nous, ni celui du peuple ni celui de quelque avant-garde de la lucidité. Nous ne voyons pas d’autre «nous», en cette époque, que celui de la netteté des perceptions partagées et de la détermination à en prendre acte, à tous les étages de nos modestes et folles existences. Nous ne visons pas la constitution d’une nouvelle société, mais d’une nouvelle géographie.
Et si nous utilisions comme une opportunité le chaos ambiant pour contacter un espace intérieur de calme, de paix et de joie sans raisons ? Si nous ne pouvons aller à l’extérieur (confinement), allons à l’intérieur !
Dans une communication, l’émotionnel est touché avant le rationnel. Il est facile alors de faire peur, de faire culpabiliser, de valoriser ou de dévaloriser quelqu’un pour le relier à sa cause. Mais quelles sont ses stratégies ? Comment les repérer, comment conserver notre discernement, notre libre arbitre ? Comment écouter notre cœur, notre bon sens, pour agir non pas à partir de notre peur, mais à partir de ce qui réellement nous semble cohérent? Car le cœur est une véritable intelligence. Le cœur sait. C’est un véritable cerveau. C’est un centre de compréhension dont le rayonnement électromagnétique est plus large que celui du cerveau. Cela nous demande d’être calme, de ne pas excessivement réagir, de faire preuve de discernement. D’écouter la situation dans son ensemble, surtout d’écouter notre intuition et de faire confiance. Car je crois que profondément, comme un animal dans la nature sait repérer les herbes et les plantes qui sont bonnes pour lui, qu’il sait reconnaître les prédateurs, les pièges et les partenaires avec lesquels il peut cheminer, une partie de nous sait. Elle s’appelle l’intuition. Encore faut-il l’écouter. Cette situation m’a donné envie de vous offrir cette vidéo. Puisse t’elle vous éclairer dans cette période ou plus que jamais. Nous avons besoin de développer notre discernement. Arnaud Riou
Les différentes techniques évoquées par Arnaud Riou: diviser, valoriser vs dévaloriser, culpabiliser, fustiger, infantiliser, simplifier de façon excessive, ironiser, liens subjectifs de causalité, stratégie de la grenouille, rumeurs, …
Un article très interpelant de Louis Campana, militant non-violent français, promoteur de la philosophie de Gandhi notamment par l’écriture et la réalisation ou co-réalisation de films documentaires et d’événements sur la pensée gandhienne et la non-violence.
A genoux, pourquoi ?
Bonjour à toutes et tous, Permettez-moi ces quelques réflexions suite aux courriels que je reçois chaque jour. Le conte de la « Belle au bois dormant » est symptomatique des manipulations orchestrées par les pouvoirs pour faire taire au château toutes sortes de velléités de révolte, en attente de l’avènement du Prince, présenté comme le Sauveur du peuple.Un monde nouveau nous attend. La vie coulera à flot à nouveau entre les sujets modifiés par tout ce sommeil accumulé. Rêve-t-on ?
La propagande est à son comble ! Dans la tragédie grecque (je n’en suis pas un spécialiste, mais ai quelques notions), l’Hubris est accolée à cet être qui parvient au pouvoir, qui est ivre de lui-même (d’où le mot « ébriété » qui en résulte sans doute à partir du latin ?), plein d’arrogance, qui a le sentiment de toute puissance… Derrière cette notion, une violence à fleur de peau et une insensibilité aux dégâts causés sur les populations, tant sociaux que psychiques, économiques que culturels.
En tant que non-violent, qu’en dire ? Personnellement, le confinement, tout comme le couvre-feu qui l’a précédé me conviennent comme un gant. Peinard, tranquille, je suis certainement en plus asymptomatique et tout cela me passe par dessus la tête. Pire, je m’en réjouis ! Courir les négoces n’est pas ma tasse de thé, ni même rechercher le dernier truc nécessaire, je m’en passe !
Cependant que dirait Gandhi ? « L’État représente la violence sous une forme intensifiée et organisée. L’individu a une âme, mais l’État, qui est une machine sans âme, ne peut être soustrait à la violence puisque c’est à elle qu’il doit son existence. » « La véritable indépendance ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir que tous auront de s’opposer aux abus de l’autorité. En d’autres termes, on devra arriver à l’indépendance en inculquant aux masses la conviction qu’elles ont la possibilité de contrôler l’exercice de l’autorité et de la tenir en respect. » Democracy : Real and Deceptive, Ahmedabad, Navajivan Publishing House, 1932
Bon ! C’était peu avant la marche du sel dans son ashram de Sabarmati à Ahmedabad qui servit de quartier général au Mahatma Gandhi durant la lutte pour l’indépendance. Il en résultera des peines de prison à « l’Hôtel de sa Majesté » comme il se plaisait à le dire. Certainement Gandhi vivait une forme d’anarchie à la fois responsable et exigeante face à un empire britannique totalitaire du moins envers les Indiens. Jean-Marie Muller ne dit pas autre chose lorsque, de mémoire, il dit que « l’État revendique le monopole de la violence et l’interdit à quiconque ». C’est une forme cachée de dictature. Étienne de la Boétie s’étonnait déjà que l’on puisse accepter la toute puissance du Tyran : dans la « Servitude volontaire », le texte pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et essaie d’analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport « domination-servitude »). « Les tyrans sont grands parce que nous sommes à genoux » dit-il. Il poursuit son interrogation en constatant que le tyran est seul et les tyrannisés des millions, et qu’il serait facile de le renverser.
Quels sont donc les éléments qui font qu’il n’y a pas de révolte ou au moins de tentative pour démettre le tyran?
Ce sont les « prêtres », comprenons les intellectuels, les philosophes, les médias et pourquoi pas les éminences religieuses, qui sont les relais du pouvoir abusif et « prêchent » la nécessité de la soumission comme preuve d’intelligence et de coopération pour éviter le pire lequel serait consécutif à la révolte. Sont choyés aussi les forces de police et de maintien de l’ordre ! Or donc, oyez, oyez, braves gens, sachez que ne rien faire est un acte de courage et de solidarité ! ? Diafoirus, lui, médecin imaginaire sorti tout droit de la créativité de Molière, ne croit qu’à la saignée. C’est le remède miracle qu’il prône pour résoudre tous les problèmes de santé. Et le bon peuple de rire aux facéties de Molière ! A sa suite, les conseils scientifiques et politiques, autres Diafoirus, qui sont en pleine ignorance ou pataugent quant à la genèse du Covid, de son évolution et qui constatent son efficacité à nous faire du mal et sa progression, ne jurent que par l’attente du vaccin miracle qui va, enfin, sauver l’humanité du terrible monstre. A chaque période sa saignée. En tout cas, cette saignée est réelle et nous rend affaiblis. Heureusement un bon nombre entre en résilience et cherche par tous les moyens à résister à l’hystérie collective suscitée par le pouvoir politique et scientifique. Les plus remarquables de toutes les dispositions prises par ces pouvoirs sont les incohérences, contradictions, mensonges et manipulations de chiffres qui les accompagnent. Je sais qu’ils font ce qu’ils peuvent, qu’on leur reprocheraient de n’avoir rien fait, et que « si vous étiez à leur place »…
Là est le problème : quatre ou cinq personnes décident pour 68 millions. « Le pouvoir, dit Aldo Capitini, est le fait de tous. Il potere e di tutti ». Infantilisés, nous trouvons normal de déléguer ce pouvoir au Chef ! Monstrueuse erreur qui est le fait de toute dictature qu’elle soit politique, économique ou sociale.
« Je vais vous donner un talisman quand vous serez dans le doute ou quand votre moi s’imposera trop : Rappelez-vous la face du plus pauvre et le plus faible que vous ayez rencontré et demandez-vous si l’acte que vous envisagez lui sera utile. Va-t-il y gagner quelque chose ? Cela va-t-il lui rendre le contrôle sur sa propre vie et sa destinée ? Autrement dit cela va-t-il conduire au « Swaraj » les multitudes qui ont faim dans leur corps et dans leur esprit ? Alors vous verrez vos doutes et votre moi se dissiper ! » dixit Gandhi dans ce célèbre Talisman.
L’acte utile tant attendu, qui l’empêche de se faire jour ? Pourquoi ne peut-il se concrétiser ? Parce que laisser le pouvoir à l’échelle minime du village, du quartier, de la rue est incompatible avec l’Ultralibéralisme, les milliardaires qui le dirigent, relayés par les Banques d’affaires et les multinationales qui continuent, par et avec nos comportements stéréotypés, de saigner les gens. Mais nous acquiesçons. La servitude volontaire est donc notre lot quotidien, par conservatisme et esprit sécuritaire.
La seule révolution non-violente consistera à redéployer autour de nous la volonté d’indépendance (au sens du « swaraj », autonomie et solidarité, sobriété et mise en commun), de décision locale du fait économique, social, sanitaire et spirituel. Tout ce qui est organisé en haut, pour tous, de manière unilatérale et autoritaire est voué à l’échec et à la destruction du tissu local, lequel est gravement en péril parce qu’inexploité, déraciné depuis trop longtemps.
Reprendre possession de notre vie est l’affaire de chacun, chez lui, avec sagesse, gravité, constance et acceptation de la condition humaine, de la mort et de l’unicité de notre être. La prière et la méditation en sont les moteurs et générateurs…
Le Covid, qu’il soit le fait de manipulation de virus par l’Institut Pasteur, qu’il vienne de nos approches trop vives du monde animal sauvage, ou d’ailleurs… est un signe manifeste d’un dérèglement de plus, soit de nos cerveaux, soit du besoin de progrès, ou de l’exploitation de la Terre-Mère. Le confinement est finalement l’occasion d’un retour sur soi. Mettons-le à profit pour nous libérer…sans pour autant subir cette tyrannie qui nie la vie, la dimension sociale de l’être et tout ce qui nous lie physiquement et émotionnellement aux autres. Une sorte de désobéissance permanente… salutaire. Bonne chance ! Vive la Vie.
Très, très éclairante cette interview du pédopsychiatre Thierry Gourvénec par Eric Remacle pour décoder ce que nous vivons et nous aider à nous y positionner. A visionner jusqu’au bout.
Il est cependant vrai qu’à partir de la page 18 du rapport de la Fondation Rockefeller on trouve une projection troublante: un scénario de pandémie mondiale d’où est suscité l’enfermement des populations dans un système de surveillance globale qui prend modèle du système communiste chinois.
Toutefois, les présumés extraits ci-dessous, quoique plausibles, ne s’y trouvent pas. Je maintiens cependant cet article d’une part parce que ce document circule et qu’il faut en connaître la nature mais accessoirement pour sensibiliser aux débordements sur lesquelles l’évolution de la situation actuelle (déjà impensable il y a quelques mois) pourrait déboucher si on n’y fait pas attention. L’avenir de la démocratie est vraiment en question.
A l’heure de la révélation de ce grand complot des mondialistes qui manipulent les gouvernements, voici un film tout récent qui donne des pistes d’espoir. Ce film peut être obtenu en location (10$) ou acquis (25$) en accès streaming ou DVD. Je vous invite à le voir et le partager le plus largement possible.